Argent : bonne nouvelle, ce compte bancaire va bientôt passer de payant à gratuit

Argent : bonne nouvelle, ce compte bancaire va bientôt passer de payant à gratuit

Le Crédit Agricole va rendre son compte bancaire EKO gratuit, contre 2 €/mois jusqu'ici. La nouvelle formule, confirmée par la caisse régionale Anjou-Maine à partir du 29 avril 2026, supprime la carte physique par défaut et intègre une carte virtuelle. Les anciens clients, eux, ne bénéficient pas de ce changement tarifaire.

Lancée fin 2017, l'offre EKO a traversé huit ans d'existence en facturant un forfait mensuel modeste mais constant. Ce positionnement à 2 euros par mois visait un public cherchant une banque accessible, sans fioritures. Aujourd'hui, la donne change : le Crédit Agricole aligne EKO sur les standards des néobanques en passant ce compte bancaire à la gratuité totale, du moins pour les nouveaux entrants.

Le mouvement n'est pas anodin. Dans un secteur où BoursoBank, Revolut, N26 et Sumeria se disputent les clients à coups d'offres sans frais, une banque traditionnelle comme le Crédit Agricole ne pouvait pas rester à l'écart indéfiniment.

EKO gratuit : ce qui change concrètement au 29 avril 2026

La nouvelle brochure tarifaire de Crédit Agricole Anjou-Maine, applicable à partir du 29 avril 2026, officialise le passage à 0 €/mois pour la formule EKO. Mais cette gratuité s'accompagne d'une restructuration complète de l'offre, et quelques détails méritent attention.

La carte physique devient payante et optionnelle

Premier changement structurant : la carte bancaire physique n'est plus incluse par défaut. Les nouveaux clients EKO reçoivent une carte virtuelle intégrée à l'offre, utilisable pour les paiements en ligne et, selon les terminaux, en paiement sans contact via smartphone. Pour obtenir une carte plastique classique, il faut payer 1 €/mois supplémentaire.

Ce modèle rappelle directement celui adopté par BoursoBank, qui propose déjà une formule similaire. Et les chiffres parlent : environ un tiers des nouveaux clients de BoursoBank optent pour la formule sans carte physique. Le comportement de paiement évolue, et les banques l'ont bien compris. Cela dit, pour les clients qui retirent régulièrement des espèces ou qui fréquentent des commerces peu équipés en paiement sans contact, la question de la carte bancaire physique reste très concrète.

Une condition d'usage pour éviter les frais

La gratuité n'est pas inconditionnelle. La carte virtuelle EKO doit être utilisée au moins une fois tous les 30 jours. Passé ce délai sans transaction, des frais de non-usage de 5 € s'appliquent automatiquement. La règle est simple à respecter pour un client actif, mais elle peut surprendre un titulaire qui utilise EKO comme compte secondaire dormant.

La politique de retraits revue, pas forcément à l'avantage de tous

L'ancien forfait EKO permettait 25 retraits gratuits par an hors distributeurs automatiques du réseau Crédit Agricole. La nouvelle formule bascule sur un forfait mensuel de 3 retraits gratuits, avec un tarif de 1 €/retrait à partir du quatrième.

La nuance est mathématique mais réelle. Trois retraits par mois correspondent à 36 retraits annuels, soit davantage qu'avant. Mais un client qui effectuait, par exemple, 25 retraits concentrés sur certains mois de l'année pouvait dépasser les 3 retraits certains mois sans jamais atteindre ce plafond sur d'autres. Avec la mensualisation, chaque mois à plus de 3 retraits hors réseau est facturé, quelle que soit l'utilisation des mois précédents.

Concrètement, un client réalisant 2,08 retraits en moyenne par mois (soit 25 sur l'année) reste dans les clous. Mais une utilisation irrégulière peut générer des frais là où l'ancien système n'en produisait pas.

Les anciens clients EKO restent à l'écart de la gratuité

C'est le point qui risque de faire grincer des dents. La gratuité de la nouvelle formule EKO ne concerne que les nouveaux clients. Les titulaires actuels d'un compte EKO continuent de payer leurs 2 €/mois selon les conditions tarifaires en vigueur au moment de leur souscription.

Cette pratique n'est pas propre au Crédit Agricole. Les banques traditionnelles comme les néobanques appliquent régulièrement des conditions différenciées entre nouveaux entrants et clients existants. Résultat : les clients fidèles depuis le lancement d'EKO en 2017 ne bénéficient d'aucun avantage automatique lié à cette évolution. Ils devront, s'ils le souhaitent, se renseigner auprès de leur caisse régionale pour connaître les modalités d'un éventuel changement de formule.

Cette asymétrie illustre une tendance plus large dans le secteur bancaire, où les efforts commerciaux se concentrent sur l'acquisition plutôt que sur la fidélisation. Un phénomène qui touche d'ailleurs d'autres domaines : les erreurs d'inattention coûtent cher à ceux qui ne suivent pas de près l'évolution de leurs contrats.

EKO face à la concurrence des banques en ligne

Le repositionnement d'EKO s'inscrit dans un contexte de pression concurrentielle intense. BoursoBank, leader des banques en ligne en France, Revolut, N26 et Sumeria proposent depuis plusieurs années des comptes gratuits ou quasi-gratuits, souvent avec des fonctionnalités avancées. Le Compte Nickel occupe lui aussi un segment similaire à EKO : accessible, sans condition de revenus, avec une présence en bureau de tabac.

En passant EKO à 0 €/mois, le Crédit Agricole cherche à retenir les prospects tentés par ces alternatives numériques, tout en conservant l'atout d'un réseau physique. Le comparateur de frais bancaires cité dans les données de référence évoque une économie potentielle allant jusqu'à 280 € selon les profils, ce qui illustre l'écart qui peut exister entre une banque traditionnelle classique et une offre comme EKO ou ses concurrents directs.

La carte virtuelle comme produit d'entrée de gamme, la carte physique comme option payante : ce modèle de segmentation permet à la banque de réduire ses coûts opérationnels tout en proposant un tarif d'appel à 0 €. Un tiers des clients BoursoBank ayant déjà accepté ce compromis, le Crédit Agricole parie sur une adoption similaire auprès de sa propre clientèle cible.

Pour les personnes qui gèrent leur budget au plus près et cherchent à optimiser leurs économies, EKO gratuit représente une option à examiner sérieusement, à condition de bien intégrer les conditions d'usage de la carte virtuelle et le nouveau barème de retraits. La brochure tarifaire complète du Crédit Agricole Anjou-Maine reste la référence à consulter avant toute souscription.

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Henry

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