Depuis le 1er janvier 2025, propriétaires et locataires sont soumis à une nouvelle obligation réglementaire : toute annonce immobilière de vente ou de location doit mentionner explicitement les risques naturels et technologiques auxquels est exposé le bien. Le manquement à cette règle expose désormais à une amende forfaitaire, voire à des poursuites judiciaires.
Le gouvernement français a durci le cadre légal entourant les transactions immobilières. Cette réforme, entrée en vigueur en début d'année, impose à quiconque met un bien sur le marché, que ce soit pour le vendre ou le louer, d'informer clairement les futurs occupants des dangers potentiels liés à l'emplacement du logement. Incendie, inondation, risques technologiques industriels : rien ne doit être passé sous silence.
Et cette obligation ne concerne pas que les grandes métropoles. Les zones rurales, les lotissements proches de massifs boisés, les périphéries urbaines classées en secteur sensible sont tous dans le périmètre de la réglementation.
La nouvelle obligation déclarative immobilière en détail
Ce que la loi exige concrètement
Chaque annonce immobilière publiée depuis le 1er janvier 2025 doit comporter une mention explicite sur les risques auxquels le bien est exposé. Cette mention doit figurer dès le premier paragraphe de l'annonce, pas en bas de page ni en caractères minuscules. Le texte doit renvoyer au site gouvernemental Géorisques, la plateforme officielle qui permet de consulter la fiche synthétique de tout bien immobilier à partir de son adresse.
Concrètement, le vendeur ou le bailleur doit se rendre sur Géorisques avant toute publication, télécharger la fiche correspondant à l'adresse concernée, et intégrer les informations pertinentes dans l'annonce. Cette démarche prend quelques minutes, mais son omission peut coûter cher.
Débroussaillage : une obligation qui peut être transférée
La réglementation introduit également une obligation spécifique pour les biens situés en zones boisées ou proches de massifs forestiers : le débroussaillage légal. Le propriétaire doit signaler dans l'annonce que le bien est soumis à cette contrainte. Les tâches concernées incluent l'élagage des arbres autour des bâtiments, le ramassage des feuilles mortes et branches tombées, ainsi que l'entretien général de la parcelle.
Mais la loi prévoit une souplesse : le propriétaire peut transférer cette obligation au locataire, à condition d'insérer une clause claire et explicite dans le bail. Sans cette clause, la responsabilité reste entièrement du côté du bailleur. Cette précision a son importance, notamment pour les propriétaires de maisons individuelles en lisière de forêt.
Le transfert de l’obligation de débroussaillage au locataire n’est valable que si une clause contractuelle spécifique figure dans le bail. En l’absence de cette clause, c’est le propriétaire qui reste légalement responsable, quelle que soit la pratique réelle sur le terrain.
Les sanctions encourues en cas de manquement
Amende forfaitaire et poursuites judiciaires
L'absence de mention des risques dans une annonce immobilière n'est plus une simple irrégularité administrative. Le gouvernement a prévu des sanctions financières sous forme d'amende forfaitaire, dont le montant varie selon la gravité du manquement et son caractère répétitif. En cas de mauvaise foi avérée ou de négligence lourde, des poursuites judiciaires sont également possibles.
Le risque ne s'arrête pas là. Un acheteur ou un locataire qui estime avoir été trompé sur les risques liés au bien peut engager un litige civil. Et les contrôles vont s'intensifier au fil des mois, selon les informations disponibles. Les agences immobilières, les notaires et les plateformes de petites annonces sont eux aussi exposés si une annonce cliente s'avère défaillante sur ce point.
Qui est responsable en dernier ressort
La loi est claire sur ce point : la responsabilité de l'affichage des risques incombe au vendeur ou au bailleur, pas au locataire ni à l'intermédiaire. Mais les agences immobilières et les notaires sont désormais en première ligne pour contrôler la conformité des annonces qu'ils publient ou authentifient. Certains professionnels ont d'ores et déjà mis en place des questionnaires automatiques pour guider les vendeurs et bailleurs dans leur déclaration. Recourir à un notaire ou un agent formé à cette nouvelle réglementation, notamment en cas de doute sur le classement du bien, reste la voie la plus sûre pour éviter tout litige.
Pour aller plus loin sur les obligations qui pèsent sur les propriétaires et locataires en 2025 et 2026, il est utile de noter que d'autres réformes du secteur immobilier sont en cours. Par exemple, l'accès au logement social est désormais soumis à de nouveaux plafonds de revenus qui modifient sensiblement les critères d'attribution. Et dans certaines villes, l'obtention d'un permis spécifique est devenue obligatoire pour mettre un bien en location, une contrainte supplémentaire qui s'ajoute à la déclaration des risques.
date d’entrée en vigueur de l’obligation de mentionner les risques dans toute annonce immobilière
Le rôle central de Géorisques dans la mise en conformité
La plateforme gouvernementale comme point de départ obligatoire
Géorisques est devenu l'outil de référence incontournable pour toute transaction immobilière en France. La plateforme, gérée par les services de l'État, permet de consulter en quelques clics la fiche synthétique d'un bien à partir de son adresse : exposition aux inondations, risques industriels, mouvements de terrain, zones sismiques, et bien d'autres aléas sont répertoriés.
Avant toute publication d'annonce, la démarche recommandée est simple : consulter Géorisques, télécharger la fiche correspondante, et archiver une copie des documents justificatifs utilisés lors de la déclaration d'occupation. Cet archivage peut s'avérer précieux en cas de contestation ultérieure par un acheteur ou un locataire.
Une cartographie nationale en cours d'évolution
La réglementation ne s'arrête pas à l'état actuel des cartes. Une seconde carte nationale plus détaillée des risques, découpée par commune et par secteur cadastral, est prévue pour fin 2026. Cette nouvelle cartographie permettra d'affiner le classement des biens et pourrait reclasser certaines propriétés aujourd'hui hors zone sensible. Les propriétaires et bailleurs ont donc tout intérêt à surveiller les mises à jour annuelles des cartes officielles pour adapter leurs annonces en conséquence.
La seconde carte nationale des risques, attendue fin 2026, sera découpée par commune et par secteur cadastral. Un bien aujourd’hui non classé en zone à risque pourrait l’être après cette mise à jour. Archiver les fiches Géorisques à chaque transaction permet de se constituer un historique utile en cas de litige.
Ce que doivent faire propriétaires et locataires dès maintenant
La checklist pratique pour se mettre en conformité
La mise en conformité avec la nouvelle réglementation relative aux risques naturels et technologiques dans les annonces immobilières repose sur quelques étapes précises :
- Consulter Géorisques avant toute publication d'annonce de vente ou de location, en saisissant l'adresse exacte du bien.
- Inclure une phrase explicite sur les risques identifiés (incendie, inondation, risques industriels) dès le premier paragraphe de l'annonce.
- Vérifier si le bien est situé en zone de débroussaillage obligatoire, et insérer si nécessaire une clause spécifique dans le bail pour en transférer la charge au locataire.
- Archiver l'ensemble des documents justificatifs liés à la déclaration d'occupation.
- Mettre à jour les annonces à chaque révision annuelle des cartes officielles.
L'accompagnement professionnel comme filet de sécurité
Pour les situations complexes, notamment les biens situés en zone rurale, en lisière de forêt ou dans des secteurs industriels classés, l'accompagnement d'un notaire ou d'un agent immobilier formé à la nouvelle réglementation reste la meilleure garantie contre les erreurs déclaratives. Certains professionnels proposent désormais des questionnaires automatiques pour guider les vendeurs et bailleurs étape par étape.
Cette réforme s'inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des obligations pesant sur les acteurs du marché immobilier français. Les propriétaires qui tardent à se mettre en conformité s'exposent à des risques financiers et judiciaires croissants, d'autant que les contrôles sont appelés à se multiplier. Et avec la publication de la seconde cartographie nationale prévue à fin 2026, le périmètre des biens concernés par ces déclarations obligatoires pourrait s'élargir significativement. Mieux vaut anticiper que subir.





