Comment faire une reconversion professionnelle quand on est en CDI ?

Comment faire une reconversion professionnelle quand on est en CDI ?

Changer de métier tout en étant lié par un contrat à durée indéterminée représente un défi majeur pour de nombreux salariés français. Cette aspiration légitime, partagée par plus de huit Français sur dix selon les études récentes, nécessite une préparation rigoureuse et une connaissance approfondie des dispositifs existants. Le statut de salarié en CDI offre paradoxalement de nombreux avantages pour mener à bien cette transition, grâce à des mécanismes de financement et d’accompagnement spécifiquement conçus pour sécuriser ce parcours.

Les différents dispositifs pour changer de métier en conservant son contrat

Le Projet de Transition Professionnelle constitue la solution privilégiée pour les salariés souhaitant opérer une reconversion tout en maintenant leur rémunération. Ce dispositif permet de suivre une formation certifiante sur le temps de travail, avec une prise en charge complète des coûts pédagogiques et du salaire par les associations Transitions Pro régionales. Pour en bénéficier, il faut justifier de vingt-quatre mois d’ancienneté professionnelle, dont douze mois dans la même entreprise.

La rémunération reste intégralement maintenue jusqu’à deux fois le SMIC, et à quatre-vingt-dix pour cent la première année puis soixante pour cent les années suivantes au-delà de ce seuil. L’employeur peut différer le départ en formation dans la limite de neuf mois, mais ne peut pas refuser la demande si les conditions d’éligibilité sont remplies. Ce mécanisme garantit une sécurité financière optimale pendant toute la durée du parcours de formation.

Le Compte Personnel de Formation offre une alternative flexible pour financer tout ou partie d’une reconversion. Chaque année, un salarié en CDI à temps complet cumule cinq cents euros de droits à la formation, dans la limite d’un plafond de cinq mille euros. Ces droits peuvent être mobilisés librement, avec ou sans accord de l’employeur selon que la formation se déroule pendant ou en dehors du temps de travail.

Pour les formations suivies sur le temps libre, aucune autorisation n’est requise. En revanche, si la formation intervient pendant les heures de travail, une demande d’autorisation d’absence doit être adressée à l’employeur. Cette souplesse permet de construire progressivement son projet professionnel sans nécessairement rompre son contrat.

Dispositif Maintien du salaire Autorisation employeur Ancienneté requise
Projet de Transition Professionnelle Oui (100% jusqu’à 2 SMIC) Oui (autorisation d’absence) 24 mois dont 12 dans l’entreprise
CPF hors temps de travail Oui Non Aucune
CPF pendant temps de travail Oui Oui Aucune
Promotion par alternance (Pro-A) Oui Oui Variable

Les étapes indispensables pour réussir sa transition professionnelle

Avant toute démarche administrative, une phase de réflexion approfondie s’impose. Identifier précisément les motivations derrière ce projet constitue le socle d’une reconversion réussie. S’agit-il d’un besoin de donner davantage de sens à sa carrière, d’une nécessité liée à la santé professionnelle, ou simplement d’une aspiration à analyser de nouvelles perspectives ? cette introspection permet de distinguer si le problème provient réellement du métier exercé ou plutôt de l’environnement de travail actuel.

Le recours à un conseiller en évolution professionnelle représente une étape précieuse dans ce cheminement. Ce service gratuit et confidentiel offre un accompagnement personnalisé sans que l’employeur en soit informé. Le conseiller aide à clarifier le projet, à identifier les formations pertinentes et à choisir le dispositif de financement le plus adapté à chaque situation particulière.

Le bilan de compétences constitue un outil puissant pour faire l’inventaire de ses acquis professionnels et personnels. D’une durée de vingt-quatre heures, il peut être financé par le CPF et permet de déterminer quelle formation correspond le mieux au profil du salarié. Cette analyse approfondie révèle les points forts à valoriser et les éventuels besoins en formation complémentaire.

La planification financière nécessite également une attention particulière. Évaluer les ressources disponibles, estimer les coûts de la formation envisagée et anticiper les éventuels changements de revenus permet de sécuriser la transition. Pour ceux qui envisagent de créer leur propre activité, commencer à prospecter des clients potentiels avant de quitter son emploi constitue une stratégie prudente.

Les alternatives à la démission pour entamer une nouvelle carrière

Quitter son CDI n’est pas systématiquement nécessaire pour amorcer une reconversion. Le dispositif démission-reconversion permet de démissionner tout en conservant ses droits aux allocations chômage, sous réserve que le projet soit validé comme réel et sérieux par Transitions Pro. Cette validation intervient obligatoirement avant la démission, après consultation d’un conseiller en évolution professionnelle.

Pour être éligible, le salarié doit justifier de mille trois cents jours travaillés sur les soixante derniers mois et avoir au moins cinq ans d’activité salariée continue. L’attestation du caractère sérieux du projet ouvre un délai de six mois pour s’inscrire à France Travail et déposer une demande d’allocation. Néanmoins, la formation elle-même ne sera pas financée par ce dispositif et devra être prise en charge via le CPF ou d’autres ressources personnelles.

La rupture conventionnelle offre une autre option pour quitter son emploi d’un commun accord avec l’employeur. Cette séparation à l’amiable permet de bénéficier des allocations chômage tout en conservant de bonnes relations professionnelles. Le processus se déroule en quatre étapes principales :

  1. Un ou plusieurs entretiens préalables avec l’employeur pour négocier les conditions
  2. Un délai de rétractation de quinze jours calendaires pour chaque partie
  3. Une validation obligatoire par la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités
  4. La rupture effective du contrat après homologation administrative

Des solutions plus souples existent également. Demander un passage à temps partiel libère du temps pour développer progressivement un nouveau projet professionnel. Certaines entreprises accordent des congés sabbatiques qui suspendent le contrat de travail, permettant ainsi d’étudier une reconversion ou de créer une entreprise sans rompre définitivement le lien avec l’employeur. Enfin, pour ceux qui souhaitent lancer une activité indépendante, obtenir l’accord de l’employeur pour créer une micro-entreprise en parallèle du CDI constitue une approche progressive et sécurisée de la transition professionnelle.

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Henry

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